couverture de ANARCHIES
192 pages - 17,00 €

ANARCHIES

Revue Lignes n°16

Bakounine a survécu à Marx, ne serait-ce que parce qu’aucun État ne s’est jamais proclamé, à tort ou à raison, anarchiste, quand tant d’États se sont – à tort, sans conteste – proclamés communistes.

L’opinion commune veut que la pensée anarchiste ait été remisée aux magasins de l’histoire : incapable qu’elle se montrerait d’abord de survivre à la fin des utopies ; incapable qu’elle serait surtout de faire oublier à quels moyens quelquefois violents elle recourut volontiers jadis. De tous les modes de pensée et d’action alternatifs, ceux que représente l’anarchie, ou qu’on désigne de ce nom, seraient aussi les plus discrédités.
C’est ce qu’on croit. Or, étrangement, on pressent que c’est vers les modes de pensée et d’action alternatifs dits de l’anarchie qu’on se tourne aujourd’hui avec la confiance la plus grande. Parce que l’hégémonie du marxisme théorique a vécu (et avec lui les États dits socialistes). Cette raison est incontestable : Bakounine aurait survécu à Marx ne serait-ce que parce qu’aucun État ne s’est jamais proclamé, à tort ou à raison, anarchiste, quand tant d’États se sont – à tort, sans conteste – proclamés communistes. Mais cette raison ne suffit pas. Il faut en ce cas faire l’hypothèse qu’il y a, au principe de la volonté de pensée et d’action anarchistes une liberté qu’on leur reconnaît d’autant plus volontiers qu’on la dénie aux autres.
Et il est bien possible que cette « liberté » soit de nature à inverser les polarités : de nihiliste qu’on croyait être l’anarchie, on s’apercevrait qu’elle est en réalité radicalement affirmative. Il conviendrait même de pousser l’hypothèse un peu plus loin, jusqu’au paradoxe apparent : c’est l’hégémonie du système de domination qui est à ce point nihiliste que n’importe quelle protestation à caractère anarchiste se parerait par ce seul fait de la positivité de l’affirmation.

 

Sommaire

Daniel Colson, La guerre d’Espagne et les discontinuités de l’histoire 
Alain Brossat, Guerre civile, communauté, anarchie 
Dénétem Touam Bona, Les métamorphoses du marronnage 
Rodolphe Respaud, La figure et le concret. Fela Anikulapo Kuti et le secteur informel en Afrique 
Covell Meyskens, Liquidité, Capital, souveraineté ? 
Jean-Louis Déotte, Pierre Clastres : l’anarchie sauvage contre l’autogestion 
Alexandre Constanzo, Vies et morts de la politique 
François Bideau, Ce qui décide de tout. Authenticité et anarchie chez Heidegger 
Jean-Christophe Valtat, Et la loi a gagné... 
Mathilde Girard, Cela se peut-il encore ? 
Laurent Margantin, Dada ou la boussole folle de l’anarchisme 
Christiane Vollaire, L’anarchie esthétique 
Tanguy Wuillème, Lucidité sur la ville : l’irritation libertaire de Thomas Bernhard 

Textes réunis par Alain Brossat, Michel Surya et François Bideau

Directeur : Michel Surya
Comité de rédaction : Fethi Benslama, Alain Brossat, Jean-Paul Curnier, Jean-Luc Nancy, Bernard Noël, Jacqueline Risset, Enzo Traverso

Prix : 17,00 € (réimpression)
Format : 16 x 21 cm
Nombre de pages : 192 pages
Date de parution : 1er février 2005
ISBN : 2-84938-028-8
EAN : 9782849380284