couverture de LE PUR BONHEUR, GEORGES BATAILLE
320 pages - 23,00 €
Éditions Lignes

LE PUR BONHEUR, GEORGES BATAILLE

Un mois avant sa mort (1980), Sartre a fait cette étrange remarque : « Au cours du travail insurrectionnel se produit un déplacement : on l’a vu clairement en 1968, ce n’est plus la sortie, la naissance qui constitue le sens de l’événement, mais la déchirure dans le sens à la fois social et érotique que lui a donné Georges Bataille. »

Bataille, l’image de Bataille est souvent vue et transmise avec gravité, sérieux, inquiétude.

Le Pur bonheur de Francis Marmande ne cherche pas à prendre à contre-pied – encore que… En tout cas, pas de la manière que l’on redoute. Georges Bataille (1897-1962) est de mieux en mieux connu : érotisme, sacré, potlatch, économie générale, non-savoir, athéologie, expérience, souveraineté, l’impossible, le rire, la peur, etc., pas un motif qui ne soit la cible d’études, de publications, de colloques. Le plus souvent utiles.
Francis Marmande ne méconnaît pas ces motifs qu’il a lui-même étudiés et parmi les tout premiers. On le sent toutefois tenter de privilégier une autre liste de ceux-ci : sérénité, quiétude, joie devant la mort, économie exubérante ; ou encore non-espoir, au sens où Bataille dit calmement, sans morbidité, sans désespoir justement, à Marguerite Duras : « Je ne suis pas un être qui vit dans l’espoir. Je n’ai jamais compris comment on pouvait se tuer par manque d’espoir. »

Le Pur bonheur aurait pu être le titre de l’un des livres de Bataille lui-même. Il compte en effet au nombre des titres et des projets envisagés puis abandonnés par l’auteur dHistoire de l’œil. Il devient ici celui d’un livre sur Georges Bataille (au sens où Bataille a écrit un Sur Nietzsche). Selon Francis Marmande, Le Pur bonheur se donne pour ambition :
1. qu’on puisse dire de lui ce qu’on dit de Keith Jarrett : qu’il est « un pianiste d’avant-garde pour grand public ». Avec le privilège sur l’improvisateur de génie, que la notion d’« avant-garde » a perdu toute pertinence, et celle de « grand public », toute vertu ;
2. ne se donner aucune limitation : poésie, geste de l’écriture, manuscrits, présence active de la bibliothèque (chartiste, Bataille était conservateur de métier), transgression, bizarreries, rien qui soit soustrait à une mosaïque de réflexions et de questions. Avec comme principe actif, moteur et dynamique de l’écriture, l’incitation : « Rien de moins avouable (une si petite raison à l’origine de la décision !) que la mise en marche d’un écrivain », écrit Bataille ;

Le Pur bonheur ne cherche pas pour autant le paradoxe. À peine espère-t-il se porter à hauteur de lecture. À hauteur de désir. Rester à la hauteur. À la hauteur de l’étonnement que déclenche chaque nouvelle lecture de Bataille : phrase saisie au vol, paragraphe perdu de vue, livre qu’on lit comme si on ne l’avait jamais lu.

Les « lectures » sont pourtant nombreuses que ce volume réunit, qui ont paru tout au long de ces dernières années. Toutes ont été corrigées, réécrites, poussant leur corne jusque dans le présent (vives évocations de la bêtise du présent). Roman d’une lecture passionnée, roman d’une époque où lire se ressent du dépassionnement général.

TABLE

I. Le taureau affronté
L’Homme ivre
Bataille livré
Au tumulte de la jeunesse
Arrêt sur image
Le parapluie à manche de bambou
Que reste-t-il d’une entrée…
Projets abandonnés

II. La reine des batailles
La vérité a des droits sur nous
L’instant l’incitation l’impossible
Un rêve de révolution
« À l’instant d’écrire… »
L’incitation ou l’œil de l’histoire
Puerta de la carne
Bataille après tout

III. Sous le soleil noir de la poésie
Pouvoirs de la littérature
Pas de deux
Le pur bonheur
L’autre pensée comme écriture
Contestation des contestations
L’hypothèse du Japon
La joie devant la mort
Yoga, mystique, zen
Théorèmes

Conclusion
« Georges Bataille, le roi de la pelle hydraulique »

On connaît Francis Marmande pour ses chroniques dans Le Monde, lesquelles ont toujours touché, sans choisir, à la littérature, la pensée, la musique et les taureaux. Mais il est aussi l’auteur de récits singuliers (La Housse partie, Farrago, 2003), de pamphlets (La Police des caractères, Descartes&Cie, 2001). Le voici de nouveau face à Bataille, avec toujours le même entêtement joyeux du politique (Bataille politique, PUL, 1985), la même écoute de l’écriture (L’Indifférence des ruines, variations sur l’écriture du Bleu du ciel, Parenthèses, 1985).

Recension par Philippe Petit sur France-Culture (7 juin 2011) et sur Marianne2.fr.

Recension par Ronald Klapka sur La Lettre de la Magdelaine.

Recension par Yves Harté dans je journal Sud-Ouest (3 juillet 2011).

Recension dans le Matricule des Anges n° 125 de juillet-août 2011

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Éditeur : Éditions Lignes
Prix : 23,00 €
Format : 13 x 19 cm
Nombre de pages : 320 pages
Édition courante : 19 mai 2011
ISBN : 978-2-35526-077-3
EAN : 9782355260773