DE LEROS À LA BORDE
De Leros, île grecque abritant un établissement asilaire d’un autre âge qu’il est invité à visiter en 1989, à La Borde, clinique expérimentale où il a rejoint Jean Oury en 1955 et où il travaillera jusqu’à sa mort (en 1992), Félix Guattari établit ici le bilan de ses années d’activité clinique et théorique. Dans ce recueil inédit, dont il avait lui-même défini le contenu peu de temps avant sa disparition, il en appelle à une pratique de la cure psychiatrique dans des institutions qui sauraient renouveler leurs instruments et faire preuve, vis-à-vis de leurs patients, d’une créativité comparable à celle de l’artiste. Renouvellement qu’il souhaiterait voir étendu à d’autres secteurs de la société.ÉCRITS POUR L’ANTI-ŒDIPE
Durant trois années, Gilles Deleuze et Félix Guattari ont travaillé ensemble pour concevoir l’un des livres phares des années 1970 : L’Anti-Œdipe (Minuit, 1972). Sur les modalités de cette association inédite, que Gilles Deleuze qualifiera plus tard de « groupuscule », les présents Écrits apportent un éclairage décisif. Sont ici réunis – dans un agencement et une présentation de Stéphane Nadaud – les textes, fragments, notes et corrections de Félix Guattari relatifs à la préparation de L’Anti-Œdipe. Ils permettent de comprendre, de l’intérieur, le fonctionnement de « Deleuze-Guattari », cette extraordinaire machinerie théorique collective.VIES ET MORT DU CAPITALISME
Le philosophe allemand Robert Kurz, principal théoricien de la critique de la valeur en Europe, propose ici son analyse de la crise financière mondiale de 2008. Selon lui, avec la troisième révolution industrielle (la microélectronique), le capitalisme atteint sa limite interne absolue. C’est à cette limite que les divers épisodes de la présente crise doivent être rapportés pour devenir intelligibles.L’ANUS SOLAIRE & SACRIFICES
L’Anus solaire est comme le premier livre de Bataille. Il a été écrit en même temps qu’Histoire de l’œil dont il a le caractère d’excès, la « joie fulminante », et le ton de poésie puérile. Sacrifices est un texte admirable, tendu, très « jeune » encore, c’est-à-dire antérieur aux grandes élaborations théoriques par lesquelles Bataille s’est fait connaître.LE JUSTE NOM DE L’AMITIÉ
L’amitié constitue-t-il un motif philosophique ? À l’origine, oui. Mais le temps lui a fait perdre de son éclat. C’est Blanchot, sans doute, qui le lui a rendu. Et avec lui, après lui, Deleuze, Mascolo, Lyotard, Derrida, etc. L’amitié ne pouvait plus être la même : les désastres de la guerre en avaient fini une fois pour toutes avec l’ancienne. Une nouvelle se dessinerait cependant, qui lui rendra son caractère de motif philosophie éminent.Revue Lignes n°36







